Soutient à Alain Refalo

Publié le par Raynald Boulay

Professeur - désobéisseur, Alain Refalo a été sanctionné par le recteur de l'académie de Toulouse aux ordres de son ministre. Il s'agit en fait de la confirmation d'une condamnation (rétrogradation d'échelon), après l'avis rendu en appel par le CSFPE (Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat). Contre cet avis, qui proposait à l'unanimité un blâme, pour être précis.

 

Il y a deux enseignements à tirer de cette affaire. D'abord, le peu de cas qui est fait des instances démocratiques comme le CSFPE dont l'avis n'est pas suivi. Ce qui montre bien que la notion de représentation est totalement mis à mal dans ce pays.

 

Ensuite, et c'est à la fois encore plus grave et consécutif à ce premier point, on voit ici un retour en force de la répression du mouvement social, surtout s'il sort des cadres où l'on souhaiterait le confiner. En effet, pour mériter une telle sanction, on pourrait croire que la faute est vraiment grave. Cet enseignant a-t-il maltraité, violenter ses élevés ? A-t-il quitter son poste ? Que nenni, il a substitué à 2 heures d'aide personnalisée aux élèves en difficulté, une séance de théâtre pour l'ensemble de la classe. Un tel comportement ne met clairement pas en péril l'enseignement procuré aux élèves, tout au contraire. La sanction est donc tout à fait injuste.

 

Injuste, oui, mais logique. La désobéissance, c'est le mal absolu, surtout pour un fonctionnaire. Désobéir, c'est faire preuve d'esprit critique, d'indépendance d'esprit, d'insoumission à une autorité qui dérape... Toutes proportions gardées, Alain Refalo me fait penser à Jean Moulin, qui préfet de Chartres, pris le risque de désobéir. Aujourd'hui, c'est un héros national, y compris pour ceux qui se réclament du gaullisme. Ceux-là ferait bien de réviser un peu leur histoire.

 

Gageons qu'un jour prochain, Alain Refalo et les désobéissant de tout poil seront à leur tour des héros.

Publié dans Politique

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Djé 02/12/2010 00:40



Juste une toute petite précision. Les deux heures de "soutien", (on parle maintenant d'"aide personnalisée", belle affaire...) s'adressent en fait à des élèves présentant des difficultés
scolaires identifiées. Qu'ils soient défavorisés ou non. L'enseignant, bien sûr, apporte son aide à chacun de ses élèves, sans prêter attention au fait qu'il soit défavorisé ou non.


Quelque part dans bientôt on pourra dire que tous les enfants qui fréquentent l'école publique sont des enfants défavorisés dont les parents n'ont pas les moyens de payer une scolarité dans une
école privée de qualité...


Le démantellement du service publique de l'education nationale est en bonne voie. Merci Monsieur Sarkozy.



Raynald Boulay 02/12/2010 07:36



Tu as tout à fait raison, j'ai corrigé...