Florence Aubenas : Le quai de Ouistreham

Publié le par Raynald Boulay

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La crise...

Selon Rama Yade, c'est la grande responsable de la déculottée de la droite aux élections régionales. Preuve qu'elle a bon dos, la crise.

La crise, c'est la grande inconnue que Florence Aubenas a voulu découvrir, comme on part en grand-reportage à l'autre bout du monde. Elle connaît les risques, elle qui est plus célèbre pour avoir été prise en otage, bien malgré elle, que pour être la présidente de l'Observatoire international des prisons, par exemple.

Florence Aubenas est donc partie à l'aventure. A Caen. C'est pas l'Afghanistan, mais pour elle c'était une ville inconnue. Elle a tout fait pour y être elle-même inconnue. A commencer par louer une chambre de bonne un peu vétuste, et réduire son CV à néant. Et à 46 ans, elle est partie à la recherche d'un emploi. A la recherche d'elle même, peut-être aussi un peu.

Il lui aura fallut 6 mois pour atteindre son but, décrocher un CDI. 6 mois de recherche d'emploi, de petits boulots. 6 mois de Pôle Emploi, de flicage, de stages de formation bidons, de forum de l'emploi. 6 mois de galères partagés avec des compagnons d'infortune. 6 mois de rencontres en tout genre, des gens paumés, mais aussi des militants. 6 mois pour se voir désigner un métier, femme de ménage, et pour l'apprendre.

6 mois c'est court diront certains. C'est la preuve que quand on veut on peut en trouver du boulot. Mais 6 mois c'est long aussi. 6 mois réduite à une sorte de lumpen prolétariat du 21ème siècle. 6 mois pour constater qu'au final c'est toujours les même qui trinquent, et que cette soi-disant crise, certains en tirent un sacré bénéfice.

Ce livre est édifiant. A lire. Un journal de bord sans concession, qui ne vire jamais au mélo, ni au jugement de valeur. Une perle.

Publié dans Lecture

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