Albert Cossery - Les couleurs de l'infamie

Publié le par Raynald Boulay

http://medias.fluctuat.net/livres/71/7130-medium.jpgAlbert Cossery est un de ces auteurs dont j'aimerai avoir écrit chaque ligne. Dans un autre genre, mais pas si différent d'ailleurs, il y a Boris Vian... je l'ai découvert avec Les fainéants dans la vallée fertile que j'ai lu en Egypte, si mon souvenir n'est pas trop embrouillé. Ce qui est sûr c'est que j'ai eu une sorte de coup de foudre.

Comme il n'a écrit que 9 livres, ce qui est peu, et qu'il s'est éteint il y a 2 ans à 94 ans, je fait durer le plaisir, et je n'ai pas encore lu tous les opus. mais je sais déjà que je ne serais pas déçu.

Je me suis donc offert cette semaine 4 soirées de plaisir. Oui, il n'y a que 132 pages, et je suis parvenu à les faire durer 4 jours, alors que 2 heures auraient pu suffire. Je me suis contraint à faire une pause à chaque chapitre. A savourer sans me presser.

Comme toujours chez Cossery, le roman, l'intrigue ne sont que prétextes. Il disait avoir à chaque fois réécrit le même livre. L'important ce sont les personnages, les caractères comme disent les anglophones. Et les situations, plus ou moins ubuesques. Et les rencontres entre ces personnages et ces situations, autant d'improbables intersections.

Dans Les couleurs de l'infamie ont assiste ainsi à la rencontre de voleurs philosophes et d'un journaliste sur la touche qui vit dans un cimetière. Leur discussion est un monument de la littérature anarchiste. Enfin, je le vois comme ça. Dans son dernier roman, Cossery pousse à l'extrême son sens de l'ironie. Ce livre tient plus du pamphlet que du roman. Les voleurs à la tire qui tirent une lettre compromettante à un promoteur crapuleux qui fait ses sales affaires avec le frère d'un ministre corrompu, ou la confrontation de voleurs hors la loi et de voleurs légaux.

Le Caire, c'est la forêt de Sherwood, en somme. Et ce livre une apologie jubilatoire du démantèlement des valeurs bourgeoises.

Publié dans Lecture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article