L'"affaire Hortefeux", chronique d'un racisme ordinaire

Publié le par Raynald Boulay


La LICRA a déclaré l'affaire classée, puisque le ministre de l'Intérieur leur a affirmé qu'on lui prêtait des propos qu'il n'avait pas tenus, et qu'ils le croient. Tous les membres du gouvernement soutiennent leur copain, y compris Fadela Amara. On en attendait pas moins. Besson rappelle que son prédécesseur au ministère de l'Immigration est un humaniste. Sûr. Xavier Bertrand crie au complot. Le préfet Paul Girot de Langlade doit être bien d'accord avec lui.

En tout  état de cause, tout ce petit monde n'est pas choqué le moins du monde, ni par les propos tenus prêtés, ni par l'incapacité de leur auteur présumé à les avoir tenus. Il n'est pas le premier de la clique à déraper, dans l'exercice de ses fonctions. Patrick Devedjian dénonce ainsi l'amalgame médiatique entre vie publique et vie privée des hommes politiques. Le chef donne pourtant le bon exemple en la matière, et il est bien vrai que pour un ministre de l'Intérieur, raccrocher ses idées racistes au porte-manteaux le matin à l'embauche est la moindre des choses. Se rendre à l'université d'été de son parti, c'est la vie privée bien sûr.

En même temps, la principale raison d'agir d'un politicien c'est de séduire les électeurs. Et force est de constater que ce petit racisme ordinaire, celui qu'on entend en faisant la queue au supermarché, est porteur politiquement. On se souvient encore de la sortie de Chirac sur le bruit et l'odeur. Et justement, il semble que ce dernier connaisse une popularité nouvelle dans l'opinion publique ces derniers temps. Bref, quand Bayrou regrette qu'une bêtise n'ait pas été assumée, moi je vois plutôt une provocation bien calculée.

Après on s'étonne de l'abstention.

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