Alain Corbin - Le village des cannibales

Publié le par Raynald Boulay

J'en avais parlé dans un précédant article, je l'ai fait. J'ai profité de mes vacances pour lire Le village des cannibales d'Alain Corbin. Lecture parallèle à celle du roman de Jean Teulé Mangez-le si vous voulez. Lecture en forme de point d'interrogation. Le Teulé m'avait un peu laissé sur ma faim, si j'ose dire, avec son hésitation entre le documentaire, le livre d'histoire, et le roman. L'ensemble m'avait laissé dans l'embarras, avec le sentiment d'avoir à faire au pire à une étude partiale, au mieux à un roman pas super bien écrit, au sens où j'aurais préféré qu'en roman, il s'agisse d'un ouvrage de fiction.

La lecture de Corbin, qui n'est pas le seul historien sérieux à avoir écrit sur le sujet, mais j'ai un faible pour cet universitaire dont j'avais déjà lu au moins 3 autres ouvrages, m'a conforté dans mon idée. J'avais vu juste à tout niveau : sur la nature politique de l'affaire notamment. Mais aussi sur le caractère injustifié de l'orientation mystique de Teulé. Enfin, sur la nécessité de mettre les comportements sociaux dans une perspective historique et géographique plus large.

A la lecture de Corbin, on a une vision claire de la sociologie des protagonistes. La plupart des protagonistes ne se connaissent pas entre eux, contrairement à ce que laisse croire Teulé. Les interactions politique entre paysons bonapartistes, noblesse et curés légitimistes, bourgeois urbains républicains, sont largement décriptés, là encore dans une perspective temporelle large, de la révolution à la fin du Second Empire, et en tenant compte des particularismes locaux.

On m'a fait remarqué que les romans historiques n'étaient sans doute pas fait pour moi. J'image que c'est une déformation héritée de mes études en fac d'histoire - Ah ! les cours d'historiographie avec Pierre Judet. Ceci dit, je pense qu'il est possible d'écrire de la littérature sur les hommes du passé dans le but d'éclairer la nature humaine. Je pense à un roman comme Baudolino d'Umberto Ecco, un ouvrage documenté et poétique, un vrai roman, au sommet de l'imaginaire, et une évocation vraie du XII éme siècle.

Voilà, mon problème, c'est que tous les romans historiques ne sont pas de l'acabit de ceux d'Ecco.

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